mercredi 29 décembre 2010

L'éthique du Dire de Daniel Sibony

Quelle est la "chose" commune à l'éthique et à la psychanalyse ? par-delà ses "vertus" thérapeutiques, la psychanalyse est-elle fondamentalement une éthique ? On peut s'en convaincre, à maints égards, en lisant Lacan et de nombreux lacaniens. Certains termes clefs comme "évènement", "passage" ou "transfert", témoignent également de cette problématique dans l'œuvre abondante de Daniel Sibony. Déjà dans Le Peuple "psy" (Balland, 1992) Sibony exprimait les critères d'une ontologie "minimale" susceptible d'orienter la psychanalyse vers l'éthique. La première approche de l'idée "psy", qui forme le noyau et le fil conducteur de ce livre (que je cite longuement ci-après), s'enroule donc sur une ontologie du "rien qui n'est pas rien" et de l'"évènement d'être". N'oublions pas que l'idée "psy", au départ, pointe l'existence d'un savoir insu chez l'humain, et de l'insistance de celui-ci à se manquer lorsqu'il ne prend pas la mesure de ce manque, notamment en le vivant et en le transférant sur d'autres. Il s'agit de s'éveiller à ce Rien, cette case vide qui fait marcher la machine psychique, qui est responsable de ses pannes comme de ses sursauts. C'est bien cette "présence absente" qu'on a justement appelé "inconscient", et c'est bien ce "rien d'être" supplémentaire et évènementiel que la psychanalyse est censée provoquer, favoriser. "Un évènement traumatique a produit le tournage en rond, seul un autre évènement peut le faire cesser ; un évènement précieux ; d'amour, de transfert, d'interprétation assez forte, assez chargé d'émotion pour faire jouer les places possibles". L'évènement a toujours lieu dans un entre-deux, moment de passage à une dimension autre ; notons que Sibony maintient assez fréquemment l'opposition des deux niveaux conscient et inconscient, pour justement miser sur leur contact lors des grandes "interprétations". Sibony fait un usage très général de ce dernier terme ; il désigne les moments, les points critiques où a lieu le don du manque, qu'il s'agisse au sens restreint des interventions de l'analyste ou au sens très large des "leçons" de la vie. "En fait, tout le monde est en psychanalyse, chez une analyste innommable, d'une ironie aigre-douce, qui s'appelle la vie, et qui vous renvoie de temps à autre, en pleine figure, des interprétations d'une telle vacherie que l'on préfère rester sourd, fermer les yeux..." . Du coup la définition de la psychanalyse subit le même étirement, et l'on montrera facilement que l'éthique est toujours le terme, plus ou moins avoué, d'une extension conceptuelle vers la "vie", l'"histoire" ou la "pratique". Suit alors une belle définition de l'éthique, au sens le plus "archaïque" de technique de vie : "Du coup, la psychanalyse est plus qu'une thérapeutique : un mode de recherche, un art de passer l'obstacle quand, cet obstacle, c'est nous-mêmes. Une technique presque, mais au sens fort : mouvements pulsatiles et pensées entre dire et faire, et qui se passent dans un transfert".

On se demande si cette généralisation ontologique à "visée éthique" de l'analyse ne conduit pas tout bonnement à sa dissolution. Il est vrai que la psychanalyse n'est pas épargnée par notre auteur "indépendant", qui voit surtout la présence de l'idée "psy" en dehors des milieux "psy", à même la culture et le social où elle s'impose toujours plus. Et cela pour la bonne raison que l'idée "psy", comme toute idée, consiste en ses multiples transformations et incarnations, n'est pas transcendante à la réalité sociale ni même produite par elle mais lui est plutôt constitutive. C'est pourquoi j'utilise le terme d'"idéologie" puisqu'il y va des destins et des cheminements de l'idée, de sa présence attendue ou inopinée ; en tout cas l'idée prenant une certaine liberté par rapport à ses concepteurs. Le dynamisme - non dialectique - de l'idée est plus précis, puisqu'il s'agit de montrer "comment l'idée freudienne est elle-même en analyse dans le social" (Sibony). Le discours analytique, loin d'assumer les symptômes sociaux, est plutôt lui-même symptôme à analyser, à interpréter, à remarquer dans son incapacité manifeste à rendre compte de l'extraordinaire avancée de l'idée "psy", de sa diffusion, de sa "solubilité" dans la culture. Tous ceux qui, tels les médecins, enseignants, travailleurs sociaux et autres, ont à répondre quotidiennement aux difficultés des corps parlants, "ont besoin de l'analyse comme le désert a besoin d'eau" et sont à titre égal les véhicules de l'idée "psy", ses plus actifs promoteurs. Quant aux nouvelles thérapies foisonnantes, corporelles, relaxantes, parallèles, qu'elles soient individuelles, familiales ou collectives, qu'elles soient dures ou douces, etc., elles prouvent toutes l'énorme besoin d'analyse dans le social et chez les gens, du reste elles fonctionnent également "à l'inconscient" et mettent toutes en place des formes primitives de transfert. Leur développement ou leur "retour" massif signale l'enfermement et l'aveuglement du monde "psy" lui-même, totalement dépassé par les effets en retour de l'idée "psy", par ses manifestations invisibles et la demande qu'elle suscite. Mais on aurait tort d'y voir la négation de ce que la psychanalyse apporte, avec sans doute plus de rigueur et de retenue, "toutes ces variantes thérapeutiques (...) sont affiliées à l'idée psy lancée par Freud". Avouons qu'elles portent le principe analytique à ses limites plus qu'elles en révèlent les insuffisances, et finissent par le rendre inopérant. Elles relèvent toutes plus ou moins de l'hypnose qui est une fixation et une limite absolue du transfert. Est-ce l'hypnose qui relève du transfert ou, comme le disent les tenants de l'hypnose, le transfert qui est une hypnose retenue, déviée, idéalisée ? La position, sans doute pro-analytique, de Sibony reste sur ce point relativement ambiguë. En tout cas l'éthique interdit qu'on s'arrête à une thérapie qui se voudrait exclusive et absolue, et comme la psychanalyse n'est pas seulement une thérapie mais une technique de vie, une éthique qui se distingue et se révèle par ses failles mêmes... Exemple : la littérature psy, "illisible" selon notre auteur (décidément mécontent de ses "collègues"), n'a que le mérite de signaler ailleurs l'efficace de l'analyse, et sa disponibilité disséminée. Tout intérêt pris pour la psychanalyse stricto sensu et exclusivement sera pris à son tour pour une fixation, un blocage transférentiel, donc pour le contraire de ce que l'idée psy commande : expériences, passages, changements de niveaux, transfert de transfert. La meilleure "interprétation" n'est-elle pas finalement celle qui se fie au hasard - inconscient ou être en devenir -, le reconnaissant comme le paramètre le plus sérieux ? Ce serait risquer d'aller trop loin. Toujours est-il que la demande psy est plus considérable et plus respectable que les réponses officielles fournies par les psys. Sibony parle du "prestige" de l'analyse mais le refuse, à juste titre d'ailleurs, aux analystes : mais ceux-là y ont-ils jamais prétendus ? "Sauf exception" précise-il : qu'est-ce à dire ? Il y a bien un complexe de l'"exception", sinon de l'exceptionalité, dont on peut penser qu'il a "traumatisé" le monde psy notamment à cause de Lacan. Du reste, la pensée de la Loi, l'éthique psychanalytique chez Lacan se fonde entièrement sur cela : l'au-moins-un, l'exclusion qui fonde la règle, que Lacan a voulu ou a dû le long de sa vie assumer. Rien de tel chez Sibony, plus proche d'une pensée de la dissémination (Derrida)... jusqu'au confusionnisme ? Extrême raideur de l'éthique dans un cas, souplesse exagérée dans l'autre ? Que signifie alors le ton de plus en plus polémique, railleur (allant parfois jusqu'au médire), adopté par Sibony ? Il n'a pas de mots assez durs pour parler des associations psychanalytiques, toutes sectaires, victimes - explique-t-il - d'une "angoisse identitaire banale : être dépassé par le message qu'elle [l'idée "psy"] apporte". Lui-même semble avoir adopté la posture de l'écrivain : est-ce le désir d'accompagner l'"idée", de la suivre à la trace ? Y a t-il une éthique de l'écriture ? En tout cas si la psychanalyse est une éthique, l'écriture (le Livre) en est sûrement la loi secrète, la vérité paradoxale. Le raisonnement de Sibony est simple : puisque la psychanalyse est à ce point coulée dans le tissu social occidental, tellement répandue qu'elle en est invisible, devenant la forme la plus contemporaine et la plus compulsive du "désir de savoir", alors le savoir psychanalytique lui-même ne peut être inventé, représenté, transmis avec quelque rigueur et probité éthique que par des sujets - intellectuels, psychanalystes, écrivains, philosophes... - farouchement attachés à leur indépendance, aux antipodes de toute association, institution ou école de psychanalyse. Cela revient à dire que les écrivains - ceux qui écrivent - sont les seuls véritables "passants " et le "passage" (contre la "passe" de Lacan !) devient la seule règle : "n'ayant pas d'affiliation à afficher, étant dedans et dehors, le passage est devenu notre lot, et c'est lui qui produit nos œuvres comme autant de passerelles sur l'abîme". Cela suffit-il vraiment à fonder un positionnement éthique en général, et à rappeler la psychanalyse à ses devoirs ? En tout cas, par une telle généralisation du "passage", du "dépassement", on réduit à peu la portée de l'idée "psy" ; c'est le passage lui-même qui devient l'abîme ; et le lyrisme personnel de l'auteur (que  je ne nie pas) devient symptôme - intransférable, ou déjà transféré à son maximum, im-passe. Or je considère plutôt, quant à moi, qu'il faut parvenir à théoriser la dispersivité essentielle du symptôme, littéralement toute l'"idéologie analytique", y compris donc l'idée "psy" dans ses inscriptions les plus variées.

Mais revenons sur un aspect en quelque sorte plus "technique" de cette ontologie et de cette idéologie : le presque-rien évènementiel et la "solution" (au sens presque chimique) de l'idée psy tiennent en un mot, un processus, parfois une méthode : le transfert. "La question clef : comment veiller à ce qu'un transfert ne s'enkyste pas ? Exigence éthique, que ce transfert du transfert". Cette thèse sur le transfert est essentielle parce qu'elle répond directement à l'ontologie du manque-à-être et du passage. L'être se définit comme manquant, passage, en quoi il est précisément inconscient ; la seule règle éthique est de partager ce manque : on y parvient par le transfert de transfert, on y échoue par le transfert simple, "enkysté". A l'"origine", là où la psychanalyse nous ramène en principe, il y a le manque d'origine, et cela paraît si insupportable que l'être humain transfère déjà cela sur ses symptômes, niant (tout en révélant) alors ce que la psychanalyse appelle la "castration" ; mais le sujet doit transférer encore sur un autre cet affect de l'insupportable, par exemple sur l'analyste (d'autres fois il utilise un Dieu, une Idée...), "et il s'en sort quand ce transfert lui-même est déplacé (...) vers un autre métabolisant du manque-à-être originel". C'est ici que la psychanalyse est étroite, souvent, à honorer et à accompagner le processus transférentiel, un mouvement qui la dépasse totalement. Dans le meilleur des cas l'analyse conduit le sujet à se passer d'elle (comme de son symptôme) ; au pire elle bloque le passage - comme l'ont fait avant elle les religions - en s'instituant elle-même comme le passage des passages (telle la "passe" des écoles lacaniennes), s'auto-hypnotisant et hypnotisant ses adeptes. Pour Sibony, le simple projet de "faire avec" son symptôme (comme le disent les lacaniens) trahit un blocage malheureux, non seulement sur le symptôme mais sur l'analyse elle-même. Il faut voir les choses plus radicalement, au niveau où la vie se fait et se défait, au niveau du passage. "Hypothèse : le ressort de l'idée psy est l'étonnant isomorphisme entre le désir de trans-faire et l'appel de transfert". Un étonnant rapport s'établit ainsi entre le "faire" technique, en tant qu'il achoppe ou en tant qu'il réussit, qu'il se révise et se transporte sans cesse vers de nouveaux intérêts, bref comme trans-faire, et le transfert analytique qui apporte sa touche éthique en guidant le trans-faire, en le faisant faire toujours autrement jusqu'au point de rupture interne où il se relance à nouveau, etc. Curieux, donc, comment la "psy" peut devenir l'éthique d'un monde envahi par la technique - et pas d'un autre. On se prend à penser que l'infusion de l'idée "psy" a quelque chose à voir avec l'invention et la diffusion des techniques, leur répondant idéologiquement (au sens employé jusqu'ici : c'est-à-dire par une mise en disponibilité de l'idée "psy") autrement que par la notion heideggerienne d'"arraisonnement", tout aussi inappropriée à la psychanalyse qu'à la technique dans sa réalité. Mais il y a plus : ce qu'on a dit de la technique doit valoir également pour la science, que la psychanalyse ne conteste ni n'inverse, n'envie ni ne critique. Elle n'est pas une science mais accompagne les sciences, s'inscrit dans un rapport historique avec elles. "L'analyse frôle en passant diverses sciences et leur offre ainsi des occasions de rencontre. De même, quand on la plonge dans une science (...) elle suscite bien des remous intéressants ; elle opère comme un réactif ". A la limite, il y a transfert - trans-faire - possible entre science et psychanalyse ; celle-ci participerait à la mise en mouvement de la science, à sa dérivation salutaire pour contrer ses dérives totalitaires. La "fibre scientifique" de la psychanalyse, ce serait ça : "prendre pour objets des processus, et les impliquer comme objets du processus où ils s'engendrent". Il y va d'une "technique de science", c'est-à-dire d'une méthode qui à la fois limite les prétentions de la science et en élargit le champ par la subjectivation des processus. Le statut éthique et (en un sens quand même) scientifique de la psychanalyse se rejoignent, exactement comme en l'Histoire, puisque ces disciplines ont toutes deux les processus comme objets. J'extrapole un peu car Sibony envisage le rapport de la psy avec "les" sciences, et affirme que "la question "science et psychanalyse" (...) par elle-même, n'est pas traitable". De toute façon la fibre éthique l'emporte de beaucoup sur la "fibre" scientifique, qui reste secondaire, dit Sibony. D'autant qu'il ne fait pas de concessions aux sciences positives, aux neurosciences notamment, renvoyées à leur méthode et à leur vocation descriptive, alors qu'en psychanalyse il s'agirait plutôt d'expliquer des surgissements ou des évènements dans le vécu. D'ailleurs, le but de la psychanalyse n'est même pas d'expliquer, il est de faire en sorte qu'un sujet retrouve le sens et le goût de vivre sans être harcelé de symptômes. "L'objet est plutôt de constituer un support d'être où l'homme puisse ressaisir non pas tout ce qui lui échappe (...) mais le contact pluriel avec cette fonction d'échappement où il court toujours après lui-même". Retour à l'éthique, donc, une éthique cependant à peine utilisable dans cette formulation ramassée et plutôt spéculative.

Cette éthique, Sibony n'a cessé de la présenter comme une "éthique du dire" ayant pour finalité une "transmission d'inconscient", d'autant plus nécessairement que ce qui se donne socialement ou philosophiquement sous cette rubrique, cette "éthiquette", est marqué du plus grand immobilisme. "Et si, anticipant sur la suite, j'énonce que l'éthique est la recherche du lieu où la parole "se donne", c'est dans la mesure où il s'agit de faire émerger des potentiels de langue non donnée à l'avance ; des germes d'espaces qui n'ont pas encore lieu". L'Autre, d'où ce lieu est à venir, ne saurait être paternel ; le symbolique n'est ni le Père ni l'Ordre chez Sibony, c'est plutôt la transmission elle-même, du père au fils, de l'homme à la femme, etc. Tout ce qui "tient lieu" de langue, socialement ou culturellement, bref l'éthique institutionnelle contrevient de toute évidence à la véritable éthique, car "l'éthique est un potentiel d'infini où la Loi se signifie dans son retrait". Le don de la langue est un acte inaugural, une création que Sibony trouve à illustrer aussi bien avec le philosophe Spinoza qu'avec le prophète Abraham. Le texte éthique vaut moins par ce qu'il dit que parce que son dire est directement bon, fait du bien où et quand il a lieu. La morale privilégie l'action selon ce que dit la Loi ; l'éthique privilégie le dire en tant qu'il est un acte. Etc. L'on pourrait multiplier les façons de dire ce dire de l'éthique, ce qui ne ferait que rajouter au lyrisme déjà très diluant de D. Sibony. Or celui-ci, qui ne perd jamais une occasion de proclamer son indépendance vis à vis du lacanisme, n'hésite pas à critiquer l'éthique du "ne pas céder sur son désir" préconisée par Lacan. Selon Sibony ce beau précepte présuppose avant tout "un discours qui serait la Loi du désir" , et qu'on "ait son désir bien en main" pour savoir ne pas céder ; cela revient à installer le discours analytique au lieu de l'éthique et ipso facto empêcher le lieu de se donner par l'éthique, par le Dire lui-même ; en somme, fait gravissime, ce serait confondre l'éthique et la psychanalyse elle-même. Sibony se dit séduit par la "pauvreté" même de son idée, mais selon lui elle tient et se suffit en tant que "genèse renouvelée des conditions du dire".

Cependant, comme pour bien des psychanalystes philosophant, ou des philosophes prétendant hisser la psychanalyse jusqu'à l'éthique, l'on ne peut que regretter ici un certain confusionnisme. Les catégories de "frontière", de "passage", d'"évènement" ou de "transmission" suffisent-elles à produire autre chose que du texte ? Ironie du sort pour qui explique lucidement le choix vrai d'Antigone comme étant celui de la parole, vive et transmise, contre celui de la loi écrite et sclérosée. L'éthique lacanienne, du moins telle que formulée par les actuels "lacaniens", n'est pas une éthique du Dire mais du "bien-dire". Le bien-dire n'est pas assimilable au bien-penser comme le prétend Sibony avec moins de naïveté que de parfaite mauvaise foi. Bien dire, ce n'est pas dire le Bien (thèse morale), ce n'est pas seulement préserver la possibilité du dire (thèse philosophique de Sibony), c'est plutôt mettre ce qu'il faut de jouissance dans la parole, dans les mots, pour que ceux-ci passent à l'autre en lui faisant l'amour - lequel ne se résume pas au "passage", mais bien au signifiant concret. Le discours éthique "est celui d'un bien-dire, dont la loi, loin d'ignorer la jouissance ou de s'y opposer, en est à la fois l'appui et le chemin" (Philippe Julien). Il s'agit littéralement d'un art de la parole, qui conjoigne une poétique et une érotique. Mais qu'on se rassure, il n'y a pas d'éthique du bien-dire sans une logique du mi-dire, sans que la castration ne nous rappelle qu'en psychanalyse le principe directeur reste le désir et non la jouissance. De sorte que la première formule lacanienne ("ne pas céder sur son désir") reste valide... tout comme l'essentiel de la thèse de Sibony qui est celle d'un désir-de-dire renouvelé. L'éthique de la psychanalyse (celle de Lacan comme celle de Sibony) reste fondamentalement une éthique du désir, désir de l'Autre qui est toujours plus ou moins l'Autre du langage...